« C'est l'organisation méthodique d'une stratégie propagandiste de contrôle des médias. C'est du Berlusconi de petit calibre ». Les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’audiovisuel public font bondir les députés de l’opposition, à l’image d’Arnaud Montebourg. Et il y a
de quoi. Le gouvernement organise la faillite du service public de l’audiovisuel en compensant par des mesurettes la perte des ressources due à la suppression annoncée de la
publicité : Les fournisseurs d’accès à Internet et les télécoms seront taxés à 0,9 % et les chaînes privées devront verser
80 millions d’euros par an sur le pactole issu des cadeaux du gouvernement (deuxième coupure pub, augmentation du volume de réclames, etc.). Une somme dérisoire lorsque l’on sait que
ledit pactole est estimé à plus de 350 millions d’euros et que les besoins réels de France Télévision pour mener à bien sa mission de service public et notamment de création culturelle dépassent
800 millions d’euros.
Comme le disent les syndicats (Union Syndicale de la Production Audiovisuelle et Société Nationale des Journalistes notamment) « Jean-François Copé et le Ministère de la Culture ont entériné le fait que le financement du Service public par les Télécoms et Internet aura pour contrepartie l’absence de contributions de leur part à la création audiovisuelle ». En un mot, débrouillez-vous ! Une réponse politique à la hauteur d’un enjeu aussi important que celui de la culture et pour l’image de la France, à quelques jours de prendre la présidence de l’Union européenne.
L’autre versant de la prétendue « réforme » de l’audiovisuel (le mot est excessivement employé par le gouvernement pour ne masquer que des régressions), c’est la volonté de Sarkozy de marcher dans les pas du président du Conseil italien, son modèle : Silvio berlusconi. Dominer l’univers médiatique et faire de la communication à la place de la politique.
On connaissait déjà les relations étroites de Sarkozy avec les grands patrons et certains journalistes. Arnaud Lagardère, son « frère », qui vire Alain Genestar à l’été 2005 pour
une couverture sur son ex-femme dans Paris-Match, ou qui censure en mai 2007 le JDD pour un article révélant que son ex-femme n’a pas voté. Ou -plus récent- qui ordonne aux kiosquiers du groupe
« Relay » de plier l’affiche du Courrier international pour masquer en haut de sa Une le titre « Vu d’Espagne : Sarkozy, ce grand malade » (édition du 21 février 2008).
Parmi les amis, il y a aussi Martin Bouygues, l’ami qui est « félicité » pour la couverture sarkozyste des émeutes urbaines de novembre 2005 sur TF1. TF1, cette chaîne privée chez qui
Sarko se fait interviewé à la demande (il y est tellement à l'aise qu'il se permet d'enlever ses chaussures sur le plateau...) et qui accueille le 21 mai 2007 son ex-directeur de campagne Laurent
Solly en tant que…directeur général adjoint. Autre ami : Vincent Bolloré, l’homme qui prête son yacht pour les vacances maltaises du nouveau président, et qui censure son journal
« Matin plus » quand sont reprises des informations peu glorieuses sur la police. Ami aussi, Jean-Pierre Elkabach, d’Europe 1, qui le consulte sur le choix d’un journalise politique en
février 2006 et qui assiste aux réunions de l’UMP, tout comme Bernard de la Villardière, aperçu pendant un Congrès du parti de droite.
On connaissait aussi l’interventionnisme direct de Sarkozy auprès des rédactions, que ce soit pour sauver la tête de Karl Zéro à Canal +, ou menacer la rédaction de France 3 de licenciement sur le plateau de France Europe Express.
Mais aujourd’hui, Sarkozy, pourtant déjà omniprésent dans les médias, entend nommer lui-même le président de (ce qui restera de) la télévision publique. « Le Président de la République porte un coup grave à l'indépendance des médias » selon les députés Patrick Bloche, Michel Françaix et Didier Mathus. La majorité UMP- Nouveau centre elle-même paraît plus que sceptique sur les mesures prônées par le Président après la remise du rapport de la commission Copé. Une commission dont Sarkozy a pris le contre-pied en faisant à sa guise, dans le ton de son annonce du 8 janvier dernier. Une commission « de cocus » comme le dit Christophe Barbier sur LCI. Le vent de désapprobation va jusqu’au gouvernement, à l’image d’un Jean-Pierre Jouyet qui craint un retour à l’ère de l’ORTF : « Il y a un parfum Ve République du début qu’il faudrait peut-être mieux éviter ». Une comparaison implicite avec le ministre de l’information de de Gaulle, Alain peyrefitte. Pour se poser en victime, lors de son annonce à l’Elysée, le Président de la République s'est même inventé un procès qui lui serait fait de vouloir privatiser France Télévisions, ce qui est la dernière chose que souhaite TF1 et donc ne saurait être le fait d'un ami de Martin Bouygues. Les journalistes comme l’opposition, sont lucides sur ce point. Entre privatisation et assèchement des ressources allié à une concentration des pouvoirs, Sarkozy mise apparemment sur la seconde option.M. Luckner FLEURY, ressortissant haïtien (N° ETR 75 03 06 58 33), est retenu au centre de rétention de Vincennes depuis le 15 février et se trouve sous la menace d'une reconduite dans son pays à la suite d'un APRF* notifié le même jour. Or M. FLEURY, après avoir été débouté de sa demande d'asile, a déposé une demande de titre de séjour pour raison privée et familiale le 30 octobre 2007 à la Préfecture du Val d'Oise, son épouse et son fils vivant avec lui dans ce département.
Cette demande n'ayant pas encore été instruite, il apparaît que M. LUCKNER ne peut faire l'objet d'un APRF, que le préfet de police de Paris peut encore abroger.
Afin de ne pas le priver du droit de recours qui lui est reconnu par la législation en vigueur, la fédération socialiste du Val d’Oise demande au préfet de police de Paris, de libérer M. LUCKNER sans délai et de laisser à l'Administration de son département de résidence le soin de traiter la demande de titre de séjour qu'il a déposée.
«Contrairement au PS, nous ne
voulons pas que des prédateurs sexuels soient dans les rues et menacent nos enfants.»
Yves Jego, porte-parole de l'UMP, à propos de la rétroactivité de la loi de
rétention de sûreté.
Il a oublié de préciser que le parti socialiste, parti de gouvernement, défend aussi les propriétaires des pitbulls qui mangent des bébés, les violeurs d'enfants, les fraudeurs de la
SNCF et de la RATP, les prêtres pédophiles, les propriétaires qui louent à prix d'or des taudis parisiens, la mémoire de Pinochet, les néonazis, Kim-Jong-Il ...
En période de campagne électorale, la politique française s'enlise encore dans la caricature, le populisme et la malhonneteté intelectuelle.
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