Autant d’incohérence dans les urnes s’explique par beaucoup d’erreurs dans les Etas-majors et une détermination à gagner sans scrupule pour le mensonge dans celui du vainqueur.
A gauche, le syndrome recommence. Les talents sont là et bien réels (sinon Sarkozy ne s’autoproclamerait pas RH du parti socialiste), les idées nombreuses et la volonté de justice sociale toujours réaffirmée. Mais les talents se heurtent au lieu de se reconnaître, les idées sont trop mélangées pour être lisibles et crédibles aux yeux des français, et la volonté de justice sociale est encore et toujours caricaturée en stricte contraire du développement économique. Après avoir focalisé les français, toujours sondés, sur les problèmes de couple de “François” et “Ségolène” au point de laminer les deux seuls autres candidats d’expérience, les médias nous servent la féroce croisade de Delanoë contre “Pierre” et “Ségolène”. Nous leur avons certes donné de la matière, mais les socialistes vont-ils laisser dire par d’autre qu’ils furent, sont et seront à jamais divisés, archaïques et pas prêts ?
Il faut se réveiller.
Et celà commence par rénover (ce mot tant à la mode) les pratiques et les discours. Sur l’Europe comme sur les grandes questions économiques et sociales, trop de positionnements sont pris uniquement pour aller dans le sens du vent, du mistral droitisation de la société à la tramontane rupture avec le capitalisme, trop de dirigants socialistes sacrifient l’intérêt de la victoire et la défense de leurs convictions à la quête du pouvoir ou de l’ascension personnelle. L’ascenseur social est en panne ; l’ascenseur de la rue Solférino, lui, est bien rempli. Au niveau du discours, bien que l’existence d’un tél débat soit contestée, il faut que les socialistes soient capables dire que les objectifs d’émancipation de l’Homme et de justice sociale qui sont prônés sont réalisables et qu’ils ne sont pas un frein à une économie stable et performante. Mauvais en campagne électorale, le PS et la gauche sont bien meilleurs que la droite aux responsabilités ; Pas parfaits mais meilleurs et on ne le dit pas assez. Il faut aussi dire que les vieilles lunes planificatrices ont un équivalent tout aussi destructeur qui s’appelle l’incompétence sur fond de libéralisme et d’autoritarisme. Que l’Europe n’est libérale que par les Hommes que l’on envoie à Strasbourg et dans les chancelleries et qu’elle doit jouer -sous l’impulsion des français mais aussi en respectant les autres traditions- pleinement son rôle de bouclier contre la financiarisation du capitalisme.
Les élections de 2008 seront une double occasion : Celle pour les français de dire, dans leur département comme dans leur ville, que la politique actuelle n’est pas celle promise et attendue. Celle pour les socialistes d’amorcer la reconquête, de montrer qu’on peut leur faire confiance et qu’ils sont à l’écoute des problématiques locales dont se déresponsabilise le gouvernement, notamment sur les questions de sécurité, de vivre ensemble.
Bonne année !







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