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Vendredi 9 mai 2008
Désolé à ceux qui viennent régulièrement me lire, je me consacre à mon mémoire de master 2 et n'ai pas eu beaucoup de temps pour me consacrer à ce blog.

Je veux simplement rappeler au plus grand nombre possible qu'entre l'anniversaire de l'armistice de la seconde guerre mondiale hier et la commémoration de l'abolition de l'esclavage de demain, il y avait aujourd'hui une fête qui concernait 400 millions de personnes à travers l'Union européenne : L'anniversaire de la déclaration Schuman, fondatrice de l'Europe, le 9 mai 1950.

Beaucoup a été accompli mais aujourd'hui on constate que l'Europe a besoin d'un second souffle, après que la construction européenne ait été sérieusement freinée en 2005, avec l'alliance des fédéralistes qui voulaient plus d'europe et des souverainistes qui n'en voulaient pas du tout.

On reconstruit les morceaux. Mais le contexte est bien différent puisque la droite est encore plus majoritaire aujourd'hui en Europe qu'elle ne l'était hier et que la France est totalement discréditée par les frasques du petit Nicolas, désinvolte et arrogant.

Il faut pourtant bien que l'Europe puisse prendre des décisions rapidement et plus uniquement grâce au boulot de la Commission. La majorité qualifiée dans plus de domaines, l'extension de la codécision, un vrai budget européen, la fin de la présidence tournante, plus de compétences au parlement européen ; il y a une vrai urgence en matière institutionnelle, au delà des clivages politiques. Rien ne nous oblige à devenir des ultralibéraux comme ceux à laquelle le projet européen tout entier est malheureusement assimilé. Ce n'est pas parce que l'on se met d'accord sur un certain nombre de règles du jeu que l'on a changé d'équipe.

Le combat politique, celui devant lequel les socialistes français et les sociaux démocrates de toute l'Union ne se défileront pas pour porter les valeurs de gauche, c'est celui des élections européennes de 2009. N'oublions pas que 80% des lois sont faites au niveau de l'Union européenne et que nos députés ne font que les transposer (parfois mal, souvent en retard d'ailleurs).

Soyons donc au rendez-vous. En attendant, vive l'Europe !
par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Dimanche 2 mars 2008
En faisant le tour des profils youtube des candidats aux primaires de l'élection présidentielle américaine, je suis tombé sur cette vidéo du candidat démocrate Mike Gravel (et oui, il y en a un troisième qui n'a pas lâché l'affaire) appelée à devenir mythique.
Attention, on parle du futur chef de la première puissance militaire du monde. Ca ne rigole pas !

par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Dimanche 3 février 2008
La vision politique de John Kennedy et la volonté de changement social de son frère Robert ont été parmi les moteurs de mon engagement politique. Ce sont des leaders comme çeux là qui m'ont poussé à m' y intéresser et à m'engager. 
Entendre le dernier représentant politique de cette famille comparer Obama à JFK ne peut que renforcer ma préférence pour le sénateur de l'Illinois.

 

 
 
 
par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Mercredi 10 octobre 2007
" Bon débarras ! " diront certains, " bonne chance ! " diront d'autres. Vous savez à quelle catégorie j'appartiens. Je ne suis pas de ceux qui rangent l'ex-candidat à l'investiture présidentielle dans le sac des traîtres de l'ouverture ou des suppôts de la "mondialisation néolibérale".

Sur le premier point, celui du piège de l'ouverture sarkozyste, libre à certains socialistes de tomber dans le panneau du petit Bonaparte. Le nouveau président, supercommuniquant autant que supermenteur, a réussi à faire croire que DSK était son poulain, son nouveau joujou d'ouverture, après Kouchner, Besson, Lang... Le meilleur économiste parmi les politiques, le ministre modèle pour les partenaires européens sous Jospin, l'homme qui a surpassé Sarkozy en débat à plusieurs reprises, celui dont la candidature à la présidentielle a été -heureusement pour la droite- rejetée par des socialistes rivés sur les sondages, cet homme aurait été à la fois récupéré et éloigné par Sarko, décidémment trop fort ? Facile de s'afficher comme magnanime promoteur d'une candidature proposée par le premier-ministre luxembourgeois et d'ores et déjà acceptée par les voisins européens. Quel pouvoir de conviction pour un président français qui se fait passer des savons par ses collègues à Bruxelles...
Sur le second point, celui de savoir si un socialiste doit présider le fonds monétaire international, la réponse devrait être évidente. OUI. Un économiste qui défend la régulation politique pour lutter contre les effets néfastes de l'économie de marché est-il à exclure ? Un adepte de Keynes, le concepteur du FMI, qui connait les limites de l'Etat-providence et prône sa réinvention est-il out ? Un internationaliste qui prône la solidarité entre le Sud et le Nord doit-il se priver de l'outil international qui a été conçu pour cette tâche ?
Le défi, pour que le FMI ne soit plus considéré comme le symbole des dérives de la mondialisation et rejoue pleinement son rôle, est immense. Les Etatistes, souvent de gauche, par habitude, prennent souvent l'instrument de régulation pour le symbole de la dérégulation. D'où une méfiance certaine des socialistes "modèle années 70" qui considérent que le FMI est un lieu diabolique où nous n'avons rien à faire. Les libéraux (au sens économique), de droite, n'aiment pas le FMI, comme tous les autres instruments d'encadrement politique du marché. Entre ces deux attitudes, l'une louable mais inefficace, l'autre égoïste et dévastatrice, être social-démocrate, c'est mettre les mains dans le cambouis, saisir l'occasion qui se présente de dépasser les incantations, les beaux discours et la pure indignation. Tout ça dans l'objectif de justice sociale et de solidarité entre les peuples, à la base du socialisme. Ce n'est pas une troisième voie à la Blair (autre pays, autre tradition) ou à la Bayrou (chrétien-démocrate, pas social-démocrate). C'est être ferme sur l'objectif, et souple sur les instruments permettant d'y parvenir, au XXIème siècle. Bref, pour le job, mieux vaut un Dominique Strauss-Kahn qu'un Alain Madelin ou un Jean-Luc Mélenchon. Les français le savent, les européens l'ont compris, les Etats du monde l'ont choisi. Aux socialistes de l'accepter.
par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Dimanche 15 juillet 2007

Dans le cadre de mon Master 1 Etudes européennes et affaires internationales à l’université de Cergy-Pontoise, j’ai rédigé un mémoire sur les néoconservateurs américains. Ce mémoire date de juin 2007 et a recueilli la meilleure note. Vous pouvez le consulter en ligne depuis ce sommaire. Les différents articles reprennent peu ou prou les différentes sous-parties du mémoire, avec l'avantage des illustrations. N’hésitez pas à laissez vos critiques en commentaire. Bonne lecture.

-> Article précédent sur les néoconservateurs : 10) Le 11 septembre ou le néoconservatisme à la maison Blanche

Photo : Georges Bush avec les grands bénéficiaires du reflux des néoconservateurs : Les réalistes hamiltoniens, ici Condoleeza Rice et Steven Hadley.

Certains éléments témoignent d’une domination des jacksoniens au sein de l’administration américaine et démontrent que l’influence néoconservatrice a été principalement dû à l’alliance que ses derniers ont bien voulu leur accorder. Premièrement, sitôt la victoire militaire des Etats-Unis acquise contre l’armée de Saddam Hussein, les jacksoniens ont eu tôt fait d’annoncer la « fin des opérations de combats majeurs »[1] . Et ce pour deux raisons. La première était le souci politicien de faire bonne figure et de présenter l’intervention américaine comme un succès, face aux pertes américaines qui commençaient à se multiplier. La seconde était plus idéologique : Contrairement aux idéalistes et aux néoconservateurs, les jacksoniens conçoivent l’intérêt national des Etats-Unis de manière beaucoup plus limitée. Celui-ci se résume à la sécurité territoriale, aux respects de ses citoyens, à la défense de ses alliés occidentaux (et japonais) et à la liberté de commerce de ses entreprises. Il n’y a chez les jacksoniens aucune manifestation d’un quelconque intérêt pour l’après-guerre : L’idée de nation-building (construction nationale) est une idée développée sous la présidence de Franklin Roosevelt et avant tout défendue par les idéalistes sous la forme de soutien à la construction européenne et d’aides économiques au Japon après 1945. George Bush et Dick Cheney, ainsi que de nombreux républicains, n’ont aucune envie de voir les Etats-Unis prendre en charge sur le long terme la reconstruction nationale irakienne, sauf en ce qui concerne les contrats pétroliers qui sont visés par les sociétés finançant les campagnes électorales républicaines, comme Haliburton. Les néoconservateurs ne soutiennent pas ce désintéressement, qui conduira les Etats-Unis à faire pression sur les alliés européens pour qu’ils s’engagent et fournissent des troupes de « maintien de la paix ».

Cette « division du travail » semble pourtant plaire aux Etats-Unis puisque l’administration Clinton l’avait choisi pour la guerre du Kosovo[2]. Les néoconservateurs avaient indiqué très tôt, via des rapports et communiqués émanant de leurs think thank leur préférence pour une coopération multilatérale avec les alliés atlantiques (dans le cadre de l’ONU) pour aider l’Irak à se doter des institutions et des bases sociales favorables à l’établissement d’une démocratie libérale : […] Plusieurs néoconservateurs de premier plan ont signé, le 28 mars 2003, en collaboration avec plusieurs Démocrates, une lettre du think tank néoconservateur Project for the New American Century (PNAC) destinée au président, pressant ce dernier de construire une nouvelle ère de coopération transatlantique et d’obtenir une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies afin d’appuyer des efforts multilatéraux de reconstruction en Irak [3]. Deuxièmement, l’entrée en guerre unilatérale des Etats-Unis et l’adoption du principe de changement de régime en Irak ne sont pas des idées spécifiquement nées du mouvement néoconservateur. Sur le premier point, les néoconservateurs sont même plus « multilatéralistes » que les Jacksoniens lorsque les Institutions internationales concernées peuvent appuyer le point de vue américain (multilatéralisme instrumental), alors que les jacksoniens, de tradition isolationniste, ne s’embarrassent guère des considérations de l’ONU. On se souvient d’ailleurs des propos polémiques de Donald Rumsfeld qui, à quelques jours du déclenchement de la guerre, et en réponse aux dernières tentatives britanniques pour respecter l’ONU, proclamait que la participation britannique n’était pas indispensable à la réalisation des objectifs américains. Et nous parlons ici d’un Etat qui partage la langue, l’histoire et une bonne partie de la culture américaine, connu pour sa « Special Relationship » ! Sur le second point, le département de la défense et le Pentagone avait estimé un changement de régime irakien nécessaire dés 1998, au sein de la commission sur la menace posée par les missiles balistiques, dite également commission…Rumsfeld[4]. Les convergences de vue sur certains points de politique étrangère entre jacksoniens et néoconservateurs ne remontent guère au 11 septembre mais plutôt au deuxième mandat présidentiel de Bill Clinton, durant lequel des hommes comme Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou même Jeb Bush ont signé la déclaration de principe du Project for the New American Century avec d’illustres représentants du néoconservatisme comme Norman Podhoretz (un des pères du mouvement).[5]

Par ailleurs, une conjonction de critiques faites envers l’administration Bush Jr laisse penser que les néoconservateurs n’ont plus l’influence qu’ils ont pu avoir entre 2001 et 2003. D’une part, l’inefficacité du processus démocratique voulu par les Etats-Unis et s’appuyant sur la théorie des dominos a été démontré avec le temps et dans un contexte de morcellement territorial (nord, Triangle sunnite et sud) ainsi que de combats intercommunautaires (kurdes, sunnites, chiites) : Après une guerre courte, les américains devaient être accueillis en libérateurs et aider à la mise en place d’une constitution établissant un Etat fédéral démocratique et pro-occidental. Ils sont quasi-quotidiennement victimes d’attentats et de tirs de milices sunnites, chiites ou indépendantistes et les différentes communautés religieuses du pays sont aujourd’hui séparées physiquement pour éviter des bains de sang[6] . La mission politique de démocratisation et de pacification du pays est pour le moins manquée, à tel point que certains, comme le politologue Antoine Sfeir vont jusqu’à penser que le résultat était délibéré dans le but d’affaiblir l’Irak, un adversaire déclaré d’Israël…[7]

D’autre part, dans un contexte de guérilla urbaine et de perception difficile de l’ennemi (souvent en civil), la première puissance mondiale se heurte à la notion de guerre asymétrique. La nouvelle armée légère et de haute technologie prônée par Rumsfeld, dans la continuité de l’armée de la première guerre du Golfe influencée par les théories d’Albert Wohlstetter, a montré ses limites. Or, les néoconservateurs avaient rallié à leur position des jacksoniens plutôt sceptiques à l’idée de croisade à mener et convaincu une opinion publique américaine grâce aux arguments de la rapidité et de l’innocuité de la guerre, en plus des arguments moraux. Aujourd’hui, ils contraignent George Bush Jr à demander sans cesse des crédits supplémentaires au Congrès et Washington doit concéder qu’aucune guerre n’est « propre ». Et le contexte n’aide pas, avec une chambre des représentants désormais à majorité démocrate, un déficit structurel qui se creuse et des familles de soldats décédés qui se font entendre.

L’efficacité diplomatique et le prestige international des Etats-Unis ont aussi été grandement affectés par la guerre en Irak. Joseph Nye[8], l’inventeur de la notion de soft power [9], sera particulièrement critique envers les néoconservateurs et la politique extérieure de George Bush Junior : Selon lui, les Etats-Unis, qui n’ont jamais cessé d’être l’acteur international le plus puissant, n’ont pas saisi l’importance des mutations de la puissance, qui s’exprime aujourd’hui de plus en plus en terme de pouvoir d’attraction (soft power) que de pouvoir de contrainte (hard power), avec les interdépendances et les technologies de l’information et de la communication issus de la mondialisation. Après avoir été une île vertueuse coupée de l’Europe puis un modèle culturel, économique et politique pour le monde après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis sont devenus aux yeux des opinions publiques un Etat impérialiste qui aspire à être le « gendarme du monde ».

L’action unilatérale menée en Irak aussi bien pour des (fausses) raisons stratégiques (la menace d’armes de destruction massive et la coopération avec Al-Quaeda de Saddam Hussein) que morales (la libération d’un peuple victime de tyrannie et la démocratisation de la région) semblent également avoir produit les effets inverses de ceux qui étaient recherchés : En renvoyant l’Union Européenne à son passé et jouant sur ses divisions, les Etats-Unis se sont aliénés ses principaux soutiens militaires au sein de l’OTAN à l’exception du Royaume Uni, par ailleurs contre l’avis des opinions publiques. Ils ont aussi favorisé indirectement l’extension de l’influence de l’Iran qui se sert de ses réseaux chiites dans la région (Hezbollah en Syrie et au Liban, certaines milices en Irak) comme arme de dissuasion sur le dossier nucléaire négocié avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). D’une manière générale, le déclin des néoconservateurs au sein de la seconde administration Bush issue des élections de 2004 est amorcé. Celle-ci est clairement dirigée par les jacksoniens, avec une grande liberté accordée aux réalistes.

Lorsque George Bush junior a commencé son second mandat le 20 janvier 2005, le premier acte fort de sa nouvelle administration a été d’envoyer Condoleeza Rice, remplaçante d’un Colin Powell démissionnaire, effectuer une tournée diplomatique pour rafraîchir les relations transatlantiques. Vous avez dit « réaliste » ?...

Entre remise en question et nouvelles alliances politiques, la question de l’avenir d’un mouvement qui s’est radicalisé sous l’influence du duo Robert Kagan-William Kristol est sérieusement posée: Le premier a sorti en 2004 un deuxième ouvrage dont le seul titre sonnait comme un aveu par rapport au premier : Après « la puissance et la faiblesse » (2003) pour désigner respectivement les Etats-Unis et l’Union européenne, ses lecteurs ont pu lire « les revers de la puissance ». Quant au second, William Kristol, il a récemment formulé, face aux critiques de plus en plus virulentes des conservateurs du parti républicain à l’encontre des néoconservateurs, la possibilité d’une nouvelle alliance avec les plus « interventionnistes » des démocrates… [10]

En photo plus haut : le réaliste hamiltonien Robert gates remplace le jacksonien Donald Rumsfeld.

[1] Le président Bush Jr fit cette annonce lors d’un discours soigneusement orchestré le 1er mai 2003, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, en tenue de pilote de chasse, descendant d’un jet Lockheed-Martin S-3 Viking, avec en toile de fond une énorme bannière sur laquelle figuraient les mots suivants : « Mission accomplished »…et en présence de nombreuses caméras de télévision.

[2] Cette répartition implicite des tâches est théoriquement basée sur les expériences militaires respectives des européens et des américains. Les premiers, surtout la France et le Royaume-Uni de par leur passé colonial, ayant davantage connu des situations de guerre terrestre prolongée et de guérilla urbaine, ils seraient mieux à même de servir pour des opérations de maintien de la paix au sol. Les seconds à l’inverse, sont plus vulnérables dans des rapports asymétriques (Viêt-Nam, Mogadiscio…) et contribuent surtout à la phase active de la guerre de par leur écrasante suprématie aérienne et technologique.

[3] Cité in Jean-Frédéric Legaré-Tremblay, l’idéologie néoconservatrice, Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques - Université du Québec à Montréal :www.dandurand.uqam.ca/download/pdf/etudes/tremblay/RD-etude9_130505.pdf  p.28

[4] The Rumsfeld Comision report, Senate, United States of America, July 31, 1998, available from web : http://www.fas.org/irp/congress/1998_cr/s980731-rumsfeld.htm Voir également le site du project for a New American century : http://www.newamericancentury.org/defjul1698.htm

[5] Project for the New American Century, Statement of principles, June-3, 1997, available from web :

http://www.newamericancentury.org/statementofprinciples.htm

[6] Un mur a été érigé par les américains en avril 2007 autour de certains quartiers sunnites de Bagdad.

[7] Antoine Sfeir (écrivain-chercheur franco-libanais, directeur de la revue les cahiers de l’Orient), Vers l’Orient compliqué, Grasset, octobre 2006.

[8] Joseph Nye, professeur à la Kennedy School of Government, a été député au sous secrétaire d'Etat dans l'administration Carter et il a occupé le poste de secrétaire adjoint à la défense sous l'administration Clinton (1994-1995).

[9] Joseph Nye, Bound to Lead: The Changing Nature of American Power, New York, Basic Books, 1990

[10] “If we have to make common cause with the more hawkish liberals and fight the conservatives, that is fine with me”, in Max Boot, Neocons, Foreign Policy, no 140, January 2004, p. 20-28.

par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Samedi 14 juillet 2007

Dans le cadre de mon Master 1 Etudes européennes et affaires internationales à l’université de Cergy-Pontoise, j’ai rédigé un mémoire sur les néoconservateurs américains. Ce mémoire date de juin 2007 et a recueilli la meilleure note. Vous pouvez le consulter en ligne depuis ce sommaire. Les différents articles reprennent peu ou prou les différentes sous-parties du mémoire, avec l'avantage des illustrations. N’hésitez pas à laissez vos critiques en commentaire. Bonne lecture.

-> Article précédent sur les néoconservateurs : 9) Le nouvel ordre mondial après la Guerre froide : « Moment américain» ou monde normal ?

Il a été dit plus haut que les néoconservateurs, depuis le début de l’histoire du mouvement, sympathisaient avec l’idée de « destinée manifeste » née au XIXème siècle et chère aux isolationnistes jacksoniens. Ces derniers, également qualifiés de « nationalistes agressifs » [1] , sont surtout membres du Parti Républicain et semblent se retrouver derrière la personnalité de John McCain (après avoir soutenu Mike Huckabee). Plus ou moins liés au mouvement chrétien fondamentaliste, ils sont attachés à l’idée d’une Amérique plutôt repliée sur elle-même, occupée à gérer ses problèmes intérieurs, dans l’esprit de la diffusion vers l’Ouest des valeurs démocratiques des premiers colons. Mais ils sont fermement déterminés à défendre l’intérêt national des Etats-Unis, conçu de manière plus restrictive que les idéalistes et les néoconservateurs, par la force militaire lorsque le pays est attaqué. En 2000, lorsque George Bush Jr est nommé vainqueur de l’élection présidentielle sur décision judiciaire [2] , la position des néoconservateurs n’est pas prépondérante. Richard Perle et Paul Wolfowitz, membres néoconservateurs les plus importants de l’Administration (respectivement membres du bureau de la politique de Défense et secrétaire d’Etat adjoint à la défense) n’ont pas vraiment réussi à faire bouger la ligne du président en matière de politique étrangère : Ce dernier avait posé les principes d’une Amérique modeste sur le plan international et unilatérale dans sa méthode dés son investiture. [3]

L’administration Bush est composée de trois camps politiques différents en matière de politique étrangère : En premier lieu, le camp jacksonien, qui est le plus puissant car représenté par le président lui-même, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire d’Etat à la défense Donald Rumsfeld. Puis le camp néoconservateur, dont les membres sont numériquement importants mais guère chargés des fonctions les plus importantes (hormis Wolfowitz : Lewis Libby, Douglas Feith, John Bolton, Eliott Abrams, Michael Leeden, Richard Perle, David Frum-inventeur de l’expression « Axe du mal »- et Abram Shulsky). Enfin le camp réaliste, incarné par la conseillère Condoleeza Rice (qui entretient de très bonnes relations avec le président aux dires de certains commentateurs politiques américains [4] et sera promu dans la seconde administration Bush) et le secrétaire d’Etat (équivalent du ministre des affaires étrangères) Colin Powell. Ce dernier camp, que l’on appelle celui des hamiltoniens, occupe une place cependant limitée dans la première administration Bush, tant l’autoritarisme de Cheney est important.

La domination jacksonienne s’exprime par une politique isolationniste des Etats-Unis en 2001 : Dénonciation unilatérale du protocole de Kyoto sur les émissions des gaz à effets de serre en mars, refus de ratifier la Convention de Rome sur la Cour pénale Internationale (pourtant signée), refus de ratifier le Traité international d’Ottawa de 1997 visant à l’interdiction totale des mines antipersonnel, opposition à la conférence des Nations unies sur la prolifération des armes légères en juillet, rejet en décembre du protocole de vérification de la Convention sur les armes biologiques à Genève…etc. Ces actes, par le peu de considération qu’ils reflètent pour les autres Etats et les valeurs idéalistes, portent la signature idéologique des jacksoniens. Pourtant, la faible influence des néoconservateurs, plutôt enclins à l’interventionnisme et à la participation aux affaires mondiales (et même au multilatéralisme, quand celui est instrumentalisé), va prendre fin grâce à une alliance de circonstance avec les jacksoniens après le 11 septembre 2001. Dans l’Histoire américaine, on a vu que seule une attaque directe contre les Etats-Unis avait fait sortir les jacksoniens d’un siècle d’isolationnisme, en l’occurrence Pearl Harbour, qui provoqua une alliance avec les idéalistes emmenée par Roosevelt. En détournant les vols 11 et 77 d’American Airlines et 93 et 175 d’United Airlines pour attaquer le Pentagone et les Twin Towers du World Trade Center, Al Quaeda a provoqué dans une certaine mesure la répétition de l’histoire, dans une version cette fois dénuée du multilatéralisme chers à Franklin Roosevelt et Harry Truman (ONU, plan Marshall etc…). Le soir même des attentats, un président jusque là isolationniste livrait un discours qui reprenait la rhétorique dualiste et morale des néoconservateurs :

“We will make no distinction between those who planned these acts and those
who harbor them”

Au-delà des contestables théories du complot, comme celle de Thierry Meyssan [5], qui penche pour l’implication et la volonté délibérée du gouvernement américain de commanditer des attentats sur son propre territoire pour mieux justifier une future politique expansionniste, il est important de souligner à quel point la tragédie issue des attentats terroristes à New York et Washington aurait pu être évitée. A l’origine de nombreuses défaillances des services de sécurité américains, il y a la volonté politique de la part de l’Administration Clinton d’ignorer le gouvernement soudanais, considéré comme un gouvernement infréquentable à cause de ses propres traditions islamiques, malgré ses offres répétées de collaboration antiterroriste jusque 2000[6]. Et cette première erreur est rééditée par le président Bush Junior, soucieux de privilégier les liens militaires (bases américaines contre l’Irak et l’Iran) et financiers (échanges pétrole contre dollars) avec la famille royale des Saouds plutôt que de pointer vers eux la question du financement et du soutien actif aux réseaux d’Al Quaeda au Soudan et en Afghanistan. Avant même une intention qui n’est pas prouvée par les théoriciens du complot, il y a une négligence grave de la part des deux dirigeants successifs de la plus grande puissance mondiale. L’évènement ayant finalement eu lieu, la politique étrangère et même intérieure des Etats-Unis a été modifiée de manière radicale après le 11 septembre. L’élan de compassion internationale, ajouté à la montée en puissance du patriotisme américain, et au sentiment de revanche et d’autodéfense animant particulièrement les jacksoniens…tout cela a légitimé une nouvelle donne géopolitique axée sur la « guerre contre le terrorisme », la croisade contre « l’Axe du Mal » et la promotion active des valeurs démocratiques américaines pour finalement aboutir au bourbier irakien.

En premier lieu, les néoconservateurs, alliés aux jacksoniens, modifient la législation américaine sur la sécurité et la justice, dans le sens d’une plus grande marge de manoeuvre des services de renseignement et d’une réduction des libertés individuelles.[7] Ensuite, a lieu l’opération « Liberté immuable » consistant à changer le régime politique de l’Afghanistan, base arrière du terrorisme islamique, via une intervention militaire des Etats- Unis en Octobre 2001. Symboliquement, le nom même utilisé pour le renversement du régime des Talibans est empreint de la doctrine néoconservatrice. La signification marque à la fois la détermination et la prétention : La liberté persiste encore et toujours ; aucun groupe ni aucune attaque ne pourront la faire taire. Mais surtout l’Amérique a le monopole de l’incarnation de la liberté. « L’idéalisme botté », selon l’expression de Pierre Hassner[8], est concrétisé et il attire sur ses thèses les jacksoniens qui ont ici le souci convergent de défendre les intérêts des Etats-Unis. L’action militaire, validée par le Conseil de sécurité des nations unies, est d’abord lancée par les Etats-Unis et l’allié britannique, pour être ensuite menée avec l’aide de nombreux Etats dont l’Australie, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon, la Suède, la Roumanie…et avec la coopération du Pakistan. Parallèlement à cela, le président Bush satisfait à près de trente années d’espérances néoconservatrices en annonçant le 13 décembre 2001 le retrait du traité de désarmement ABM signé en 1972 avec l'URSS. Celui-ci interdisait tout déploiement d'un bouclier antimissile sur le territoire américain.

En second lieu, les vues du Pentagone (sous l’impulsion de Donald Rumsfeld, qui a étudié les différentes possibilités d’attaque de l’Irak depuis un moment) s’étendent à l’Irak de Saddam Hussein. Une semaine après un discours sur l’Etat de l’Union vilipendant « l’Axe du mal », à savoir l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord, George Bush annonce le 29 janvier 2002 une augmentation de 10% du budget militaire américain, la hausse la plus importante depuis les années Reagan. Le projet de Grand Moyen-Orient démocratique développé par Paul Wolfowitz et Donald Rumsfeld, basée à la fois sur une stratégie d’endiguement de l’Iran et sur la théorie des dominos (pour rendre démocratiques les Etats de la région) est défendue devant un Georges Bush sensible aux thèses néoconservatrices et une opinion américaine encore en émoi. Résultat : Le 20 septembre 2002 est adoptée la nouvelle stratégie de sécurité nationale, qui prévoit notamment des attaques préventives contre les «rogue states» [9]. Dans un discours télévisé du 7 octobre 2002, George Bush accuse l'Irak d'entraîner «des membres d'Al-Qaeda à la fabrication de bombes, de poisons et de gaz mortels». Un vote du Congrès les 10 et 11 octobre 2002 autorise le recours à la force contre l’Irak. Le 17 décembre, la mise en place du système de défense anti-missile débute, un mois à peine après la création d’un grand ministère de la sécurité intérieure[10]. Le 28 janvier 2003, dans son discours sur l'Etat de l'Union, George Bush accuse de nouveau Saddam Hussein d’avoir cherché à se procurer de l’uranium en Afrique. La marche à la guerre est enclenchée : Alors que l’aile réaliste de l’administration Bush avait conservé une légère influence auparavant [11], elle n’est plus guère écoutée. Colin Powell, qui avait déjà été choisi par George Bush Sr pour son talent militaire et sa prudence « réaliste » pendant la première guerre du Golfe, défend l’idée du nécessaire aval de l’Organisation des Nations Unies pour mener une intervention armée en Irak et avertit du possible isolement diplomatique américain. Pris à son propre piège par des néoconservateurs qui pensent que le multilatéralisme n’est pas un frein aux volontés américaines s’il est maîtrisé, il se retrouvera quelques semaines plus tard à défendre malgré lui des preuves « bidons »[12] dans la grande salle du Conseil de Sécurité des Nations Unies. La suite est connue : Des applaudissements peu traditionnels pour le discours flamboyant du ministre français des affaires étrangères Dominique De Villepin, des manifestations monstres à travers le monde en opposition aux projets américains, une majorité d’Etats membres du Conseil opposés à l’action militaire malgré des pressions américaines évidentes sur des pays comme le Mexique, la menace d’une abstention chinoise et d’un veto russe….Qu’importe. Les néoconservateurs, défenseurs du principe dit de multilatéralisme instrumental, réitéreront leur essai au sein de l’OTAN, sans guère plus de succès, notamment face à la détermination du ministre belge des affaires étrangères Louis Michel.

L’entrée en guerre contre l’Irak est finalement décidée le 19 avril 2003, après un ultimatum que les Etats-Unis savaient inacceptable pour le tyran et sa famille. Unilatérale et illégale, l’intervention américaine est contraire à la résolution 1441 du conseil de sécurité de l’ONU (8 novembre 2002) des nations unies, qui stipulaient que toute violation patente des précédentes résolutions de l’ONU de la part de l’Irak devait faire l’objet d’un nouveau constat du Conseil de sécurité, avant d’envisager « toutes les mesures nécessaires ». Cela induisait a contrario, que ce constat ne pouvait être fait unilatéralement par un Etat, fut-ce la première puissance militaire du monde. A partir de 2001, l’influence du néoconservatisme à la Maison Blanche est donc prépondérante. Pourtant, pris dans le bourbier irakien de « l’après-guerre », les américains vont peu à peu prendre leur distance avec cette idéologie, notamment au sein du Parti Républicain et dans les milieux « réalistes ».

-> Article suivant sur les néoconservateurs : 11) Le reflux des néoconservateurs


[1] Jean-Frédéric Legaré-Tremblay, l’idéologie néoconservatrice, Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques -  Université du Québec à Montréal : www.dandurand.uqam.ca/download/pdf/etudes/tremblay/RD-etude9_130505.pdf p.25.

[2] Le 12 décembre 2000, alors même qu’Al Gore a remporté plus de suffrages et que des milliers de bulletins n’ont pas été comptés en Floride, la Cour suprême des Etats-Unis déclare George Bush Jr vainqueur de l’élection présidentielle.

[3] George Walker Bush, Address to a Joint Session of Congress and the American People, United States Capitol, Washington, D.C. available from the web : http://www.whitehouse.gov/news/releases/2001/09/20010920-8.html

[4] Ivo Daalder et James Lindsay, America Unbound: The Bush Revolution in Foreign Policy, Washington D.C. : Brookings, 2003. Les auteurs font notamment observer que dés la campagne de 2000, Condoleeza Rice avait plus d’influence sur le président que les conseillers comme Perle ou Wolfovitz.

[5] Thierry Meyssan, L'Effroyable Imposture, 2001

[6] L’ex ambassadeur américain au Soudan Tim Carney a confirmé que le gouvernement soudanais avait envoyé aux Etats-Unis le général Fathi Arva, ministre de la défense, le 3 mars 1996, en Virginie. Il confirmera même avoir réservé en personne une chambre pour le ministre dans un hôtel d’Arlington. La rencontre, en présence de membres du département d’Etat et de la CIA se conclut par le principe d’une liste des activistes d’Al Quaeda qui sera ultérieurement fournie par le Soudan. Le 20 mai, un fax du ministère des affaires étrangères soudanais indique aux Etats-Unis qu’Oussama Ben Laden et de nombreux activistes égyptiens s’apprêtent à rejoindre l’Afghanistan. James Woolsey, alors directeur de la CIA, admet avoir rejeté la proposition soudanaise de livraison de Ben Laden, faute de chefs d’inculpation suffisant. Tim Carney déclare également avoir entrevu Ijaz Mansoor, multimillionnaire américain et musulman proche de Bill Clinton à Khartoum le 24 octobre 1996. Le même jour, ce dernier rencontre Gutbi Elmahdi, chef des services de renseignement soudanais qui lui communique des documents sur les réseaux Al-Quaeda au Soudan et en Afghanistan. Ijaz Mansoor affirme avoir pris contact en vain avec le président Clinton et avoir été davantage ignoré par son conseiller Sandy Berger. Le 5 avril 1997, le président Omen Assan Ahmed el-Bashir adresse une ultime lettre au président du comité des affaires étrangères du Congrès, sans réponse. Source : Hubert Seipel, Das versagen der US agenten, reportage télévisé diffusé sur Arte, Westdutscher Rundfunk, 2003

[7] Le 26 octobre 2001, le Congrès adopte le « Patriot Act », loi antiterroriste qui prévoit notamment l’allongement à sept jours de la détention provisoire des étrangers en situation irrégulière et la surveillance des communications par téléphone ou sur Internet. Le 13 novembre 2001, un décret autorisant le jugement de terroristes par des tribunaux militaires spéciaux est signé.

[8] Pierre Hassner et Justin Vaïsse, Washington et le monde : dilemmes d’une superpuissance, Paris : Autrement, 2003.

[9] Bush, George W., « The National Security Strategy of the United States of America », The White House, septembre 2002, [en ligne], adresse URL : www.whitehouse.gov/nsc/nss.html . Les Etats-Voyous sont : l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord.

[10] Le New York Times révèlera le 16 décembre 2005 que le président américain a autorisé en 2002 l'Agence pour la Sécurité nationale (National Security Agency, NSA) à espionner des milliers de citoyens américains ou étrangers vivant aux Etats-Unis sans demander auparavant l'autorisation d'un tribunal.

[11] La crise diplomatique sino-américaine issue de la capture d’un avion espion américain Lockheed-Martin EP-3E ARIES II le 1er avril 2001 en Chine avait par exemple été dénouée par un dialogue engagé par Colin Powell, et non suite à une politique de confrontation défendue par les néoconservateurs et les jacksoniens.

[12] Le 6 juillet 2003, Joseph Wilson, ancien ambassadeur américain au Gabon, révèlera dans une tribune publiée par le New York Times que les arguments concernant l’achat d’uranium par l’Irak au Niger, utilisés par George Bush pour justifier la guerre à l’Irak, étaient infondés.

par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Jeudi 12 juillet 2007

Dans le cadre de mon Master 1 Etudes européennes et affaires internationales à l’université de Cergy-Pontoise, j’ai rédigé un mémoire sur les néoconservateurs américains. Ce mémoire date de juin 2007 et a recueilli la meilleure note. Vous pouvez le consulter en ligne depuis ce sommaire. Les différents articles reprennent peu ou prou les différentes sous-parties du mémoire, avec l'avantage des illustrations. N’hésitez pas à laissez vos critiques en commentaire. Bonne lecture.

-> Article précédent sur les néoconservateurs : 8) Le passage vers la droite reaganienne

Mémoire sur les néoconservateurs – Partie III – Le messianisme offensif, dernière phase du néoconservatisme

Après la « victoire » de l’Occident capitaliste, démocratique et libéral sur le bloc communiste en 1991, les néoconservateurs sont plus ou moins écartés des fonctions importantes dans l’administration Bush Senior et en perte de vitesse à Washington. Un débat important a lieu à l’intérieur même du mouvement sur la politique étrangère à mener dans le nouvel ordre mondial post-guerre froide, en faveur des partisans d’un possible « moment américain ». Le néoconservatisme version années 1990 verra ses thèses mises en oeuvre après les attentats du 11 septembre dans une alliance avec les Jacksoniens (au sens d’Andrew Jackson, article 10), avant que ceux-ci, devant les difficultés croissantes rencontrées en Irak, s’appuient de nouveau sur les « réalistes » (article 11).

1. Le nouvel ordre mondial : « moment américain » ou « monde normal » ?

Les théories pour qualifier la nature du système international succédant au système bipolaire ont été florissantes : Certains font valoir que nous sommes avant tout dans un monde où les relations internationales sont marquées par le retour en force du rôle prépondérant de l’Etat nation, soutenus en cela par l’éclatement des revendications nationalistes dans l’ancien bloc Est (notamment dans les Balkans). D’autres, comme le professeur Jean-Paul Chagnollaud (professeur à l’Université de Cergy-Pontoise), mettent l’accent sur l’interdépendance croissante entre les pays issus de la dernière mondialisation économique et culturelle, et l’intérêt des Etats à coopérer au sein d’un système d’institutions internationales. D’autres encore, comme l’ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine, insistent sur l’hyperpuissance américaine[1] , jamais égalée dans l’histoire humaine. Sans compter la théorie du choc des civilisations développée par Samuel Huntington. Quand à la multiplication des institutions internationales à dimension régionale et plus ou moins intégrées depuis la fin des années 1980 [2], elle laisse penser qu’une structuration du monde en pôles régionaux est de plus en plus présente et déterminante depuis 1990. Cette théorie est largement mis en avant par les dirigeants politiques français, qui insistent volontiers sur la nécessité d’un pôle européen [3] face au pôle américain et aux pôles majeurs que représenteront certains « Etats-continents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou même la Russie. De manière générale, toutes ces théories ne sont vraisemblablement pas suffisantes à elles seules et la réalité est plutôt celle d’un monde mêlant la plupart de ces caractéristiques : Nationalismes et fiertés culturelles, interdépendances, coopération régionale et suprématie américaine.

A gauche, le monde en blocs régionaux. Au milieu, le monde vu des Etats-Unis. A droite, le monde en aires de civilisations. 

    

Aux Etats-Unis, deux thèses sur la conduite à adopter vont s’affronter, l’une plus minimaliste, l’autre nettement plus messianique. La première option, défendue par les néoconservateurs restés au Parti démocrate, ceux restant au « centre », notamment par Daniel Patrick Moynihan (photo ci-contre) et Jeane Kirkpatrick, repose sur le constat de la fin de la guerre froide et a des airs rappelant la première doctrine des pères fondateurs : Puisque les Etats-Unis ont gagné le conflit idéologique les opposant au communisme et ont réduit considérablement la menace qui pesait sur eux, il est désormais temps de se concentrer sur des objectifs de politique intérieure, dans le sens du perfectionnement des institutions et du modèle social américain. Rien n’empêche de défendre la démocratie libérale à travers le monde, particulièrement au sein de l’OTAN, mais l’Amérique n’a objectivement plus de raisons de mener une croisade et d’engager des sommes faramineuses dans son armée. Il s’agit de revenir à une Amérique normale dans un monde normal[4] . Cette position, plus réaliste, a le mérite de pouvoir améliorer les relations avec l’Union européenne au niveau international et d’attirer les républicains modérés ainsi qu’une majorité des démocrates sur le plan national. Pourtant, une autre voix se fait entendre, celle du fils d’Irving Kristol (père du mouvement néoconservateur devenu membre du Parti Républicain et défenseur du reaganisme) William Kristol, et de Robert Kagan. Les deux hommes défendent la vision d’une Amérique qui doit profiter de la domination qu’elle a après la guerre froide pour façonner le monde selon ses valeurs et le rendre plus sûre. En 1996, William Kristol et Robert Kagan théorisent dans un article de la revue Foreign affairs [5] l’imbrication des néoconservateurs dans le parti Républicain sur les bases d’un « néo-reaganisme ». Dans cet article qui sera ensuite développé dans un livre paru en 2000 sous le titre « Present dangers » [6] , ils appellent à lutter contre les « manifestations les plus extrêmes du Mal humain » via une hégémonie bienveillante des Etats-Unis sur le monde. Kagan et Kristol considèrent que les négociations internationales, le multilatéralisme et les accords bilatéraux prônés par les démocrates idéalistes ne sont pas des méthodes qui permettent de pacifier le monde, qu’ils analysent comme un théâtre anarchique. La seule manière de garantir la paix et la sécurité face aux menaces représentées par les tyrannies et les régimes qui ne respectent pas l’économie de marché est de transformer les dits Etats en démocratie libérale. Les moyens pour y parvenir sont définis en trois grands axes : Le maintien de la supériorité militaire américaine avec l’augmentation continue des budgets de recherche et développement, le privilège de l’alliance atlantique plutôt que l’ONU et un bouclier antimissiles sensé rendre invulnérable les Etats-Unis. Robert Kagan (photo ci-contre) est à l'origine de la lettre du 26 janvier 1998 envoyé par le Project for the New American Century[7] à Bill Clinton pour lui demander de mener une autre politique en Irak consistant à renverser Saddam Hussein, afin de préserver les intérêts américains dans le Golfe et d’établir une démocratie à la place du régime baasiste. Cette lettre a notamment été signée par Paul Wolfowitz, James Woolsey (l’ancien directeur de la CIA), Richard Perle, Donald Rumsfeld et Robert Zoellick, actuel successeur de Paul Wolfowitz à la tête de la banque mondiale. Voici un extrait significatif :

 “We urge you to articulate this aim, and to turn your Administration's attention to implementing a strategy for removing Saddam's regime from power. This will require a full complement of diplomatic, political and military efforts. Although we are fully aware of the dangers and difficulties in implementing this policy, we believe the dangers of failing to do so are far greater. We believe the U.S. has the authority under existing UN resolutions to take the necessary steps, including military steps, to protect our vital interests in the Gulf. In any case, American policy cannot continue to be crippled by a misguided insistence on unanimity in the UN Security Council. We urge you to act decisively. If you act now to end the threat of weapons of mass destruction against the U.S. or its allies, you will be acting in the most fundamental national security interests of the country. If we accept a course of weakness and drift, we put our interests and our future at risk.”

Sur le plan idéologique, le caractère du régime des Etats occupe une place centrale dans la nouvelle pensée néoconservatrice des années 1990 et repose en grande partie sur une mauvaise interprétation de l’oeuvre de Francis Fukuyama « La fin de l’histoire et le dernier homme », initialement présentée sous la forme d’un article paru à l’été 1989 dans la revue National Interest : La thèse, publiée dans un livre éponyme en 1992 [8] , a connu un grand retentissement dans les milieux politiques occidentaux et a provoqué un vif débat entre ceux qui critiquaient la thèse de l’auteur pour son excès d’optimisme et ceux qui voyaient dans la mondialisation et l’avènement des multinationales des faits symboliques étayant ses dires. La moitié de la précédente génération (Wolfowitz, Perle, Khalilzad…) ainsi que Donald Rumsfeld rejoignent les thèses de William Kristol et Robert Kagan, qu’ils affinent au fil des publications figurant dans leur revue The Weekly Standard : ils considèrent que, si l’on suit le raisonnement de Fukuyama selon lequel la victoire de la démocratie libérale est programmée, l’issue favorable que les Etats-Unis ont connue dans la guerre froide est transposable et renouvelable dans n’importe quelle autre situation géopolitique. Leur discours belliciste et messianique se tourne donc très vite contre les régimes hostiles aux valeurs américaines, et en premier lieu contre la dictature de Saddam Hussein, composante de « l’Axe du mal ».

Or, Francis Fukuyama ne tient nullement un discours aussi réducteur et dénué de nuance dans son oeuvre. Il se démarquera par la suite du mouvement néoconservateur devenu majoritairement « kaganien » et réexpliquera sa thèse pour refuser de servir de justification intellectuelle aux bavures de l’administration Bush Jr. Selon lui, l’explication de la dérive néoconservatrice issue d’une mauvaise interprétation de son livre tient en deux points principaux.

D’une part, la victoire du modèle occidental et de ses valeurs est une victoire que Fukuyama annonce évidemment mais en expliquant qu’elle se fera sur le long terme, dans quelques siècles et après d’éventuels soubresauts perturbateurs (guerres, crises économiques, dictatures…etc). Toutes les sociétés de la planète aspirent à la modernité, au développement de la haute technologie, à l’accès à l’éducation et à un haut niveau de santé, ainsi qu’à l’accès à un monde plus large. Ce qui est universel et inéluctable, c’est le désir de modernisation économique. La démocratie libérale est un produit dérivé, une des conséquences possibles de cette évolution, mais elle n’est pas la seule et l’avenir de chaque pays dépend de ses qualités intrinsèques. D’autre part, Kristol et Kagan tirent leur doctrine « néo-reaganienne » d’un préjugé selon lequel c’est l’action américaine qui a changé le cours de la guerre froide. L’argument central étant que Ronald Reagan a précipité la chute de l’empire soviétique en le forçant à une course aux armements que son économie n’était pas capable de soutenir. Cet évènement a certainement joué son rôle. Mais Fukuyama, lui-même néoconservateur, démontre que les Etats-Unis avaient une parfaite ignorance des capacités réelles de l’URSS et ne s’attendaient pas à une chute aussi prompte. Il y a eu surestimation du bloc communiste [9]. Par ailleurs, la majorité des historiens s’accordent aujourd’hui à dire que les deux causes principales sont l’impossibilité de réforme d’un système économique condamné, après l’échec de la Glasnost et de la Perestroïka et la position politique précaire de Gorbatchev, ainsi que la poussée nationaliste et indépendantiste dans les républiques soviétiques (notamment la Russie d’Eltsine). Francis Fukuyama, dans son essai de 2006, « D’où viennent les néoconservateurs », posera avec pertinence la question de la lecture « kaganienne » de son oeuvre :

« Il y a deux façons possibles de réagir à un miracle. On peut dire « les miracles existent », et renforcer l’attente de leur répétition sur l’ensemble de leur échiquier. Dans le cas de l’effondrement du communisme, cette attitude apparut dans l’universalisation de l’expérience des européens de l’est à d’autres parties du monde. Les européens de l’est cherchaient clairement à se libérer d’une funeste tyrannie ; l’élimination du pouvoir soviétique équivalait à faire sauter un barrage afin de permettre à un fleuve de retourner à son lit naturel. Nous avions été abusés naguère par des gens qui disaient que les européens de l’est avaient appris à aimer leur captivité ; dans cette perspective, nous ne devrions pas sous-estimer l’impulsion démocratique ailleurs dans le monde. La seconde réaction est de remercier le Seigneur pour cette chance extraordinaire, d’empocher les gains et de réfléchir sur le caractère unique de ce qu’on vient de vivre. On peut être convaincu que la démocratie libérale constitue la vague porteuse de l’avenir, sans croire pour autant que les tyrannies cruelles tomberont inévitablement un jour sans qu’un seul coup de feu soit tiré. Avec la clarté de vue qu’apporte le recul, on s’aperçoit que le communisme était une idéologie creuse et artificielle, qui n’a pas poussé de racines organiques dans les sociétés qu’il avait affectées. Le retour de l’Europe de l’Est à la démocratie tient pour beaucoup au fait qu’il s’agissait de facto d’européens hautement évolués mais dont les progrès naturels avaient été stoppés par les événements épouvantables du XXème siècle. Reste que cela n’implique pas automatiquement que toutes les dictatures similaires soient dépourvues d’enracinement social ni qu’elles puissent disparaître aussi rapidement ou aussi pacifiquement que le communisme dans sa version européenne. »[10]

Même l’encyclopédie en ligne Wikipédia (version étasunienne) ne fait pas le même raccourci que Kristol et Kagan en introduisant la nuance suivante :

“Misinterpretations According to Fukuyama, since the French Revolution, democracy has repeatedly proven to be a fundamentally better system (ethically, politically, economically) than any of the alternatives.

The most basic (and prevalent) error in discussing Fukuyama's work is to confuse 'history' with 'events'. Fukuyama does not claim at any point that events will stop happening in the future. What he is claiming is that all that will happen in the future (even if totalitarianism returns) is that democracy will become more and more prevalent in the long term, although it may have 'temporary' setbacks (which may, of course, last for centuries).”

Ce n’est malheureusement pas la première interprétation que retiendront Kagan et Kristol. D’où une certaine agressivité de la dernière mouture du néoconservatisme et un profond mépris pour l’Europe : Après avoir publié "La puissance et la faiblesse" , interrogé par l’hebdomadaire l’Express le 3 mars 2003 au sujet de la crise irakienne, Robert Kagan déclarera entre autres :

« […] Où se situe l'humanité aujourd'hui dans le continuum historique entre les lois de la jungle et les lois de la raison? L'Europe et les Etats-Unis n'ont pas la même réponse à cette question. A cause de leur propre expérience, les Européens ont tendance à croire que l'humanité est très avancée dans cette évolution, et donc dans la mise en oeuvre d'un ordre international fondé sur les institutions et sur le droit. Les Américains, au contraire, sont très sceptiques sur la possibilité d'appliquer au monde, et à Saddam Hussein en particulier, un système international pacifié comparable à celui de l'Union européenne.

[ …] Je dirais que l'Europe adopte une vision du monde kantienne, celle d'une paix perpétuelle dans laquelle les nations subordonnent leur souveraineté à un ensemble supranational. Elle privilégie donc le recours à la diplomatie, au commerce, aux liens économiques, tout cela étant vu comme des modes de pacification entre les peuples. Les Américains sont plus proches des théories de Hobbes: pour eux, il faut qu'un puissant impose l'ordre du monde, et non pas une institution internationale […] Comme le dit le diplomate britannique Robert Cooper, «entre nous (occidentaux, CQFD), nous observons la loi, mais quand nous opérons dans la jungle, nous devons recourir aux lois de la jungle».

[…] Les méthodes européennes ne sont pas exportables pour traiter avec Saddam Hussein ou même avec le gouvernement chinois. Les Européens oublient que, s'ils ont pu fonder leur paradis postmoderne, c'est grâce à l'usage de la force qui a éliminé l'Allemagne nazie, et à la protection militaire fournie par les Américains. Si l'Europe peut vivre dans l'idée du rejet de la force, c'est la force qui lui a permis de le faire! […] Quand on est faible, on adopte la stratégie du faible: on en appelle aux lois internationales, on loue les vertus de l'économie... C'est ce que faisaient autrefois les Etats-Unis, c'est ce que fait aujourd'hui l'Europe, devenue faible militairement. […] Lorsque vous ne disposez pas des moyens nécessaires pour résoudre un problème, vous avez tendance à le minimiser: si vous n'êtes armé que d'un couteau, vous préférez penser que l'ours rôdant dans la forêt est un risque supportable, car l'attaquer serait très hasardeux. Vous ne raisonnez pas de la même manière si vous avez un fusil. C'est un trait normal de la psychologie humaine. Ainsi, les Européens pensent qu'il est moins dangereux de laisser Saddam Hussein en l'état que de l'attaquer ».




[1] Hubert Védrine, L’hyperpuissance américaine, Fondation Jean Jaurès, 2000.

[2] L’Union européenne est crée le 7 février 1992 par le traité de Maastricht. Le Mercosur est crée le 26 mars 1991 avec le traité d’Asunción. La Communauté économique des Etats de l’Ouest africain met en place l’Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group en 1990. La Convention créant l'Association des États de la Caraïbe est également signée à Carthagène en Colombie le 24 juillet 1994. L’Accord de libre-échange nord-américain est signé en 1992. L’initiative de la Thaïlande pour créer l’ASEAN Free Trade Area débute en 1991, l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale crée une zone douanière commune en 1993…etc.

[3] Ce discours n’est cependant pas exempt d’arrière-pensées, beaucoup de dirigeants politiques français ignorant totalement les aspirations de leurs partenaires de l’UE et souhaitant faire une Europe à l’image de la France hégémonique d’autrefois. L’idée d’une construction européenne faite par opposition aux Etats-Unis embarrasse particulièrement les stratèges de Washington, qui ne cessent de rappeler l’improductivité d’une telle démarche et la dépendance des français envers l’armée (notamment aérienne) américaine dans leurs ouvrages, qu’il s’agisse de Kissinger, Brzezinski, Huntington, Fukuyama ou Kagan.

[4] Jeane Kirkpatrick, a normal country in a normal time, in National Interest, autumn 1990, p.40-44.

[5] William Kristol et Robert Kagan, Toward a neo-reaganite foreign policy, in Foreign affairs 75, N°4, 1996.

[6] Kristol et Kagan, Present dangers : crisis and opportunity in american foreign and defense policy, San Francisco, Encounter, 2000.

[7] Le PNAC est un think thank néoconservateur cofondé par William Kristol et Robert Kagan. Le texte de la lettre est disponible sur le site web officiel : http://www.newamericancentury.org/iraqclintonletter.htm

[8] Francis Fukuyama, La fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992.

[9] Washington, en 1990, craint que la frange la plus « dure » du politburo de l’URSS ne soutienne une intervention armée contre les républiques rebelles, derrière Igor Ligatchev. Lors d’un colloque à Washington des années après, ce dernier dira alors à Fukuyama que l’idée n’a même pas effleuré les représentants soviétiques, conscients de la supériorité militaire américaine. Source : F. Fukuyama, D’où viennent les néoconservateurs, Grasset, 2006, p.71-72.

[10] Francis Fukuyama, D’où viennent les néoconservateurs, Grasset, 2006, p.73-74.

par Akli LE COQ publié dans : Géopolitique - RI
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Mercredi 11 juillet 2007

Dans le cadre de mon Master 1 Etudes européennes et affaires internationales à l’université de Cergy-Pontoise, j’ai rédigé un mémoire sur les néoconservateurs américains. Ce mémoire date de juin 2007 et a recueilli la meilleure note. Vous pouvez le consulter en ligne depuis ce sommaire. Les différents articles reprennent peu ou prou les différentes sous-parties du mémoire, avec l'avantage des illustrations. N’hésitez pas à laissez vos critiques en commentaire. Bonne lecture.

-> Article précédent sur les néoconservateurs : 7) Le dépassement de la doctrine MAD

Dans l’ensemble, les néoconservateurs de cette époque, véritable « seconde génération » issue des milieux universitaires (surtout Chicago), sont regroupés derrière le sénateur démocrate Henry Jackson, l’incarnation du « centre vital » des années Roosevelt : Richard Perle, Paul Wolfowitz, Carl Gershman, Frank Gaffney, Elliott Abrams, Charles Horner, Ben Wattenberg…Nombre de néoconservateurs de la première générati