Alain Juppé, premier-ministre impopulaire, député girondin battu, ministre UMP viré, est toujours maire de Bordeaux. Et confortablement élu. Le
désordre qui règne à l'UMP, que Chirac lui avait demandé de créer en 2002, la rivalité Fillon-Sarkozy, la cacophonie gouvernementale sur les dossiers et la disparition du leadership à droite
autorise tous les espoirs de retour. Après la tentation de Venise (ou plutôt du Québec), la tentation de Paris.
"Le meilleur d'entre nous" peut-il devenir le meilleur candidat pour eux, les élus et cadres d'une UMP défaite, impopulaire et en quête de repère ? Ce serait une mauvaise nouvelle pour le
lien entre le politique et le citoyen, vu la réputation d'intello hautain qui lui colle à la peau. Ce serait une mauvaise nouvelle pour la cohésion sociale, le progressisme politique et la
régulation de l'économie de marché par l'Etat et les acteurs sociaux, vu le sens de la négociation, le conservatisme politique et le libéralisme économique du candidat. Mais à côté du
bling-bling, de la com' et des effets d'annonce quotidiens, ce serait assurément une bonne nouvelle pour la fonction présidentielle. En gros, s'il était élu, Alain Juppé serait un mauvais
président, mais au moins un président.
par Akli LE COQ
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La droite
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